Montréal et ses vagues

Un été à Montréal, c’est assez unique. Comme la saison ne dure que quelques mois, nous en profitons pour couvrir nos calendriers de festivals et sortir nos bières estivales dès que le soleil commence à se coucher après 18h00. Pour plusieurs, l’été représente une envie prenante de visiter toutes les terrasses de rues, mais pour bien d’autres, l’été représente également le retour du surf. S’il est bien comique de voir passer une voiture sur Décarie avec quelques planches attachées sur le toit, celles-ci prennent toute leur élégance lorsqu’elles sont sous les pieds d’un surfeur montréalais. Que ce soit à Habitat 67 ou à la vague à guy, le surf de rivière commence à se graver dans l’ADN de Montréal. Explorons ses deux principaux lieux de culte.

La vague à guy est la vague la plus courue de Montréal. En bordure de la piste cyclable qui longe le Fleuve à Lasalle, on y retrouvera souvent plusieurs surfeurs, en plus de beaucoup de spectateurs curieux. Le grand parc où se trouve la vague fait de celle-ci un milieu social et il n’est pas rare de voir des hamacs suspendus, des pique-niques et plusieurs personnes qui prennent une pause entre deux vagues.

Cette vague est une gauche, c’est-à-dire que la partie verte de la vague se situe à gauche du mouton. Évidemment, on dit qu’une vague de rivière comme celle-ci est une gauche même si la vague ne déferle pas vraiment d’un côté ou de l’autre; elle reste exactement à la même place en tout temps. Mesurant d’un à deux pieds, la vague change peu de forme selon le débit du Fleuve. Elle est donc surfable absolument n’importe quand, à l’instar d’Habitat 67. Sa petite taille requiert cependant une planche avec assez de volume pour supporter votre poids. Une planche de type funboard ou longboard sera alors à prioriser pour surfer la vague pendant longtemps. Il n’est pas rare de voir de nombreux amateurs de shortboard être déçus par cette limitation imposée par la vague. Comme toute chose, il y a toujours espoir et plusieurs se débrouillent de manière impressionnante avec une planche plus sportive, mais avec un bagage visible de connaissances sur la vague à guy.

La vague à guy, vue du Fleuve

La vague à guy, vue du Fleuve – ©Mike Hitelman

Pour profiter de votre session de surf au maximum, il est souvent recommandé d’y aller en matinée ou en soirée. Les rayons UV seront moins forts et la place sera un peu moins crowdée que par un chaud samedi de juillet. Il s’agit d’une vague idéale pour débuter en surf de rivière, ainsi que d’un endroit enchanteur pour échapper au bourdonnement de la métropole.

Habitat 67 est l’autre vague prisée de Montréal. Évidemment, le fait qu’elle soit située en arrière d’Habitat 67, l’oeuvre architecturale de Moshe Safdie, lui confère un côté mythique. Tout est plus gros à Habitat 67 qu’à la vague à guy. Les berges de la rivière sont plus hautes, la vague est plus loin, la marche est plus longue et, évidemment, la vague en tant que tel est considérablement plus puissante.

Le spot d’Habitat 67 en fait constitué de deux vagues pratiquement collées: la Shore et la Main. S’il était possible de surfer les deux vagues en même temps il y a quelques années, des changements se sont malheureusement produits pendant un hiver bien glacé, au détriment de la Shore. Désormais, cette vague est rendue dangereuse en été, lorsque les niveaux d’eau sont bas. La Main est désormais la seule vague praticable, mais elle n’hésitera pas à disparaître lorsque le niveau de l’eau devient trop élevé, comme au printemps. Elle sera alors complètement verte (elle ne casse pas), ce qui la rend difficilement accessible à moins d’avoir une planche assez longue ou un SUP. Au moins, la Shore peut devenir décente lorsque le niveau de l’eau est plus élevé.

D’autres vagues comme les vagues de Chambly peuvent également apparaître au printemps, mais la vague à guy et Habitat 67 resteront les vagues les plus prisées de Montréal. Si vous vous y aventurez, vous y rencontrerez les habitués de la place; ceux qui ont étudié les mouvements de l’eau vive pendant des années en y surfant. Non, nous n’avons pas des plages connues à l’international comme Bondi à Sydney ou Huntington. Cependant, nous avons deux vagues extraordinaires qui nous permettent de surfer et pour nous, là est toute la beauté de l’été.

La vague à guy dans toute sa splendeur

Crédits photographie: Mike Hitelman et François Boudrias

Surfeurs: Lola Gravel et Nicolas Lauzier

By | 2017-08-09T20:49:29+00:00 août 9th, 2017|Surf|0 Comments

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Chez KSF depuis 2017, dans l'eau depuis plus longtemps. Fin connaisseur de crème solaire, la découverte d'endroits inattendus est ce qui me passionne et tous mes loisirs gravitent autour de cette quête de découvertes. Des fois, ça me met dans le trouble, mais la plupart du temps, je réussis à vivre l'extraordinaire.

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